L’été 2026 ne te laisse pas de répit concernant la gestion du consentement de ton utilisateur. D’abord avec la nouvelle recommandation de la CNIL sur les pixels de suivi dans les newsletters, ensuite avec la fin de Bloctel et la nouvelle règle du démarchage téléphonique.
À première vue, ces deux sujets semblent sans lien. Pourtant, ils répondent tous les deux à une logique identique : le consentement doit être libre, spécifique, explicite et dissociable. Autrement dit, tu ne peux pas conditionner une action (inscription à la newsletter, appel commercial) à l’acceptation implicite d’un traitement marketing qui n’a rien à voir.
C’est une évolution importante qui touche la plupart des entrepreneurs français. Voyons ensemble ce qui change concrètement pour toi.
⏱️ Temps de lecture : 9 minutes
🔎 Ce que tu vas apprendre : comment recueillir correctement le consentement pour les pixels de suivi dans ta newsletter, comment adapter ta stratégie de démarchage téléphonique, et quels documents tu dois mettre à jour avant fin août 2026
💡 Pas le temps de tout lire ? L’essentiel : À partir du 14 juillet 2026, les pixels de suivi dans les emails nécessitent un consentement distinct de l’inscription à la newsletter. À partir du 11 août 2026, tu ne peux appeler quelqu’un en prospection que s’il a donné son accord préalable. Dans les deux cas : il faut un consentement libre, spécifique, explicite, dissociable.
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Avant tout : comprendre le lien entre ces deux nouveautés
Ces deux actualités (pixels newsletter + démarchage téléphonique) semblent indépendantes. Elles ne le sont pas.
Elles répondent toutes deux à un principe RGPD fondamental : le consentement doit être :
- Libre → pas de chantage, pas de condition préalable inutile
- Spécifique → par finalité (un consentement pour chaque usage)
- Explicite → case à cocher, pas de case pré-cochée
- Dissociable → tu dois pouvoir accepter A sans être obligé d’accepter B et C
- Révocable → retrait facile à tout moment
L’erreur que beaucoup de professionnels font ? Conditionner une action (s’inscrire à la newsletter, recevoir un appel) à l’acceptation d’un traitement marketing (tracking du pixel, profilage). C’est ce qu’on appelle un consentement « conditionnel » et ce n’est pas conforme.
Les deux changements de l’été 2026 renforcent exactement cette logique.
Pixels de suivi dans les newsletters : la nouvelle règle de la CNIL (14 juillet 2026)
Qu’est-ce qui a changé ?
Le 12 mars 2026, la CNIL a adopté une recommandation. Elle qualifie les pixels de suivi dans les emails de traceurs au sens du droit français. Une période transitoire de 3 mois s’est achevée le 14 juillet 2026.
Concrètement : les pixels qui mesurent le taux d’ouverture, l’engagement, permettent la personnalisation des emails ou la segmentation, nécessitent maintenant un consentement préalable.
Cela concerne quasiment tous les outils d’emailing grand public (MailerLite, Brevo, Mailchimp, ActiveCampaign, Systeme.io, Kajabi, HubSpot, etc.), qui activent le tracking d’ouverture par défaut.
Qui est responsable ?
Toi.
Même si le pixel est ajouté automatiquement par ton outil d’emailing, tu es responsable du traitement en tant que responsable de traitement. L’outil n’agit que comme sous-traitant. Ce détail est important : tu ne peux pas dire « mon outil s’en charge », tu dois vérifier et agir.
La règle clé : consentement distinct et dissociable
Tu ne peux PAS conditionner l’inscription à la newsletter à l’acceptation du pixel.
Le consentement doit être :
- Distinct de l’inscription elle-même → deux cases à cocher, pas une
- Dissociable → l’abonné peut s’inscrire sans accepter le tracking
- Facilement révocable → lien de retrait facile dans tes emails
Ce que ça change concrètement : quelqu’un peut s’inscrire à ta newsletter ET refuser le suivi de ses ouvertures. Et c’est légal.
Ce que tu dois faire dès maintenant
Vérifie ton outil d’emailing :
- Le tracking d’ouverture peut-il être désactivé (globalement ou par campagne) ?
- Ton formulaire d’inscription propose-t-il une case de consentement distincte pour le pixel ?
- Peux-tu documenter qui a consenti et quand ?
Exemple de ce qu’il NE faut PAS faire :
❌ Une case unique : « Je m’inscris à la newsletter et accepte le suivi de mes données »
Exemple de ce qu’il FAUT faire :
✅ Case 1 : « Je m’inscris à la newsletter » (obligatoire)
✅ Case 2 : « J’accepte que le prestataire mesure l’ouverture de mes emails à des fins de personalisation » (facultatif, séparé)
Pour les abonnés déjà inscrits avant le 14 juillet, si tu n’as pas recueilli leur consentement, tu dois soit :
- Leur envoyer une email pour recueillir rétroactivement le consentement
- Désactiver le tracking pour les groupes dont tu n’as pas le consentement
Ce que tu dois modifier dans tes documents
- Politique de confidentialité : ajouter une clause sur les « Traceurs dans les emails » et le consentement nécessaire à leur utilisation
- CGV : si tu mentionnes les communications commerciales/newsletter, ajoute également une clause de prévention et un renvoi vers ta politique de confidentialité
- Formulaire d’inscription : ajouter la case distinct + texte explicatif
Pour plus de détails sur la conformité de ta newsletter, tu peux consulter mon article complet sur la newsletter et le RGPD.
Démarchage téléphonique : Bloctel disparaît (11 août 2026)
Qu’est-ce qui a changé ?
La loi du 30 juin 2025 a inversé complètement la logique du démarchage téléphonique.
- Avant : tu pouvais appeler un particulier, sauf s’il s’était inscrit sur la liste Bloctel
- Après (11 août 2026) : tu ne peux appeler quelqu’un que si il a donné son consentement préalable
C’est un changement fondamental de paradigme. Bloctel disparaît totalement. Le service ne reçoit plus de nouvelles inscriptions depuis juillet 2026.
Qui est concerné ?
Tout le monde. Peu importe la taille de ton entreprise, le secteur, si tu passes toi-même quelques appels de prospection ou si tu travailles avec un centre d’appels. Cette règle s’applique à toi.
Le consentement requis
Pour appeler quelqu’un à des fins commerciales à partir du 11 août, tu dois avoir recueilli :
- Un consentement préalable (avant l’appel)
- Libre (pas de chantage)
- Spécifique (pour la prospection téléphonique)
- Explicite (case à cocher, pas pré-cochée)
- Révocable (facile à retirer)
- Documenté et conservé 3 ans minimum
Les deux exceptions
Tu peux appeler sans consentement préalable dans deux cas :
- Client déjà lié par un contrat en cours, pour lui proposer des produits/services complémentaires ou une amélioration du service actuel
- Consentement préalable à titre de prospect (quelqu’un qui t’a appelé, a rempli un formulaire de contact, demandé un devis)
Ce que ça change pour toi
- Si tu as une page de contact sur ton site : tu dois ajouter une case : « ☑️ J’accepte d’être contacté(e) par téléphone par [Nom entreprise] à des fins de prospection commerciale »
- Si tu récupères le numéro de quelqu’un qui t’a contacté : tu dois recueillir son autorisation de le rappeler. Ne pas supposer.
- Si tu as une liste de prospects : à partir du 11 août, le suivi d’appels non-consentis devient très risqué.
Ce que tu dois modifier dans tes documents
- Politique de confidentialité : ajouter une section sur les appels commerciaux si tu en fais
- Formulaire de contact : ajouter la case de consentement pour les appels
- Suppression de la mention Bloctel : si tu avais une clause du type « Vous pouvez vous opposer au démarchage via Bloctel », elle est obsolète et doit être supprimée
Tableau récapitulatif : ce qui change en juillet-août 2026
| Changement | Pixels newsletter | Démarchage téléphonique |
| Entrée en application | 14 juillet 2026 | 11 août 2026 |
| Type | CNIL – recommandation | Loi du 30 juin 2025 |
| Ce qui change | Pixel = traceur → consentement obligatoire | Bloctel disparaît → consentement préalable obligatoire |
| Consentement | Distinct de l’inscription | Préalable à l’appel |
| Sanction | CNIL (50 000 € à 20 M€) | jusqu’à 375 000 € par appel |
Plan d’action : ce que tu dois faire maintenant
Action 1 : Audit de ta newsletter
Connecte-toi à ton outil d’emailing et vérifie :
- Le tracking d’ouverture est-il activé par défaut ?
- Peux-tu le désactiver (globalement ou par campagne) ?
- Ton formulaire d’inscription a-t-il une case de consentement distincte pour le pixel ?
Contacte le support de ton outil si tu n’es pas sûr. C’est important.
Action 2 : Audit de ta stratégie de contact
Fais l’inventaire :
- Passes-tu des appels de prospection ?
- D’où proviennent tes numéros de téléphone ?
- Avais-tu un processus de consentement avant le 11 août ?
Action 3 : Mise à jour des documents juridiques
Priorité :
- Politique de confidentialité → ajouter les deux sections (pixels + appels)
- Formulaire de contact/inscription → ajouter les cases de consentement
- CGV → ajouter les renvois si pertinent
Action 4 : Transition pour les contacts existants
Pour tes abonnés/prospects déjà dans ta base :
- Newsletter → Envoie une email pour recueillir rétroactivement le consentement au pixel, ou désactive le tracking
- Prospection téléphonique → Arrête les appels non-consentis à partir du 11 août, sauf clients existants
La solution : sécuriser ton consentement
Recueillir le consentement correctement, ce n’est pas compliqué. Mais ça doit être documenté, explicite et facile à révoquer.
Si tu as besoin de repenser tes formulaires, ta politique de confidentialité et tes processus de contact, c’est le moment idéal. L’été 2026 est une période charnière.
Découvre mes modèles de documents RGPD conformes → Politique de confidentialité + mentions RGPD, Registre des activités de traitement…
Ou si tu préfères une approche personnalisée, prends un rendez-vous pour un audit juridique de ta stratégie de contact et tes documents.

